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De Tupiza à Iguazu en passant par Buenos Aires

Fin mars, on quitte Micka et les Coflocs et on prend un bus pour Tupiza.

Tupiza

On y arrive  au milieu de la nuit, on trouve notre hôtel et on se couche. On y passera quelques jours à se reposer et à préparer la suite. J’en profite aussi pour remettre les enfants au boulot (la semaine précédente on n’avait pas vraiment eu le temps de travailler) et je contacte des fermes via workaway à la recherche d’un endroit où faire du woofing pendant une semaine à 10 jours en Argentine. À ce moment là, le seul impératif est d’être vers Rio le 22 avril.

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À Tupiza, on se prend pour des gauchos lors d’un tour d’une demi journée à cheval. 

Le dimanche de Pâques je respecte la tradition et fais une surprise aux enfants en  cachant quelques oeufs dans le jardin. 

Ils sont super contents, la veille Andrea avait râlé « déjà qu’on n’a pas eu de sapin à Noël; en plus on n’aura pas d’oeufs de Pâques » !!!! Ce qu’il faut pas entendre !  😉

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Le lundi, je vais seule faire une petite randonnée jusqu’à la Cruz del Sur. Lieu de pèlerinage mais ici c’est le vendredi Saint qui est férié, jour le plus important donc le lundi, il n’y pas personne. Je voulais y aller en courant mais  il fait tres chaud et on est en altitude, j’ai le souffle court donc au bout de dix minutes à peine je marche. Et je monte tout en haut jusqu’à la Cruz. Le panorama est exceptionnel et la terre ocre  me rappelle le Maroc.

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J’aurais bien aimé partir plus tôt de cette ville mais j’ai un problème de banque, alors j’attends d’avoir de l’argent disponible pour payer l’hôtel, quitter la ville et le pays, non pas que le reste de la Bolivie ne m’intéresse pas mais ce sera pour une autre fois, question de circonstances,; l’Argentine et le Brésil nous attendent ! (ils n’attendent que nous d’ailleurs pour exister, émerger… si, si !)

Je reçois quelques réponses woofings mais rien de profondément attirant. Je décide de partir de Tupiza sans trop de certitude sur la suite et de voir en fonction des bus ou des gens qui voudront bien nous prendre en stop.

On prend un mini bus qui nous conduit près de la frontière où il faut ensuite prendre un taxi jusqu’au poste frontière et franchir à pied la zone entre deux. 

Une nouvelle aventure commence alors puisque j’avais décrété qu’on ferait du stop une fois en Argentine. J’ai lu partout que c’était hyper safe et facile. En taxi on se fait déposer à la sortie de la ville et on attend. Il y a très peu de passage, personne ne s’arrête, on ne sait trop que penser. Je décide qu’à la tombée de la nuit on renonce et on cherche un bus ou un hôtel. Au bout de 2h, j’annonce  aux enfants: « encore 2 voitures et on arrête. » C’est alors qu’une voiture passe, les enfants font leur regard de « mesquin » qui inspirent la pitié et ça marche !!!!!!

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Deux femmes, la mère et la fille nous prennent et nous conduisent 200km plus loin à Sabra Pampa. On y trouve un hôtel où on dine et, le lendemain de nouveau un taxi nous dépose à la sortie de la ville. À ce moment là, on prévoit d’aller à Salta. Il fait beau mais pas trop chaud, j’ai des fruits et des gâteaux dans le sac pour patienter et on est plutôt confiants. Avec Elias pour s’occuper et passer le temps, on se lance des défis sportifs: à chaque voiture qui passe sans nous prendre, on doit faire 5 squats et 5 pompes. Là, au bord de la route ! Au bout d’une heure on arrête car on commence à avoir mal partout. Encore une heure à patienter quand enfin, un camion s’arrête. Youpi !!!! Quelle joie ! On charge nos sacs à l’arrière, on grimpe à l’intérieur et hop !

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(Je suis sauvée vis à vis d’Andrea car à chaque fois qu’un camion passait, déçu, il  ne cessait de me répéter: « t’avais dit que les camions s’arrêtaient, ben c’est pas vrai ! »)

Quand le chauffeur nous annonce qu’il va à Buenos Aires, on échange un regard et on se dit… Allez !!!!!!!! Changement de programme. YES !

Le temps passe, le paysage est incroyablement beau sur cette partie du trajet, entouré de montagnes aux différentes couleurs, dégradées.

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Le soir on s’arrête dans une grande station service où on s’achète à manger les enfants et moi tandis que Juan, notre routier se prépare sa popote dans son camion. On s’installe ensuite pour la nuit à l’arrière du camion. Ça fait un peu peur, c’est tout sauf confortable mais c’est drôle, on prend ça comme une nouvelle aventure, on se glisse dans nos sacs de couchage et on s’endort. (Les enfants s’endorment assez vite, moi ce sera un peu plus compliqué !)

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Au petit matin, on reprend la route avant de s’arrêter plus loin pour un dej petit dej quand Juan nous annonce qu’il doit faire « un truc » pour son travail et  vider et nettoyer tout le camion mais qu’il viendra nous chercher 3 heures plus tard. On en profite pour travailler, manger, et au bout de 4h on commence à s’inquiéter. Juan ne revient pas. Etrange, je ne comprends pas pourquoi il nous a dit d’attendre aussi longtemps pour nous abandonner là. On imagine diverses explications possibles (il a eu un problème, un accident, il ne savait pas comment se débarrasser de nous, on sentait mauvais, …) mais finalement on n’aura jamais la réponse.

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Je fais le tour des parkings pour demander à tous les camions où ils vont et s’ils peuvent nous avancer, mais je ne trouve personne. Pour finir, on se remet au bord de la route et au bout d’à peine 1h un autre routier s’arrête qui va également à Buenos Aires. Il s’appelle Jorge, il est super sympa, partage son diner avec nous et conduit toute la nuit, pressé d’arriver. 

Les enfants s’installent tête bêche et s’endorment. 

 

Survivre à Buenos Aires sans argent

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Le matin Jorge, notre routier nous dépose à une vingtaine de kilomètres de la ville, à proximité d’une gare. Il pleut, on se pose d’abord pour prendre un petit dej et réserver un hôtel.

Je fais ensuite le tour des distributeurs mais je n’arrive pas à tirer des sous. Il y a la queue partout et les ATM sont vides. 

On marche jusqu’à la gare, sous la pluie, avec tout notre barda et j’essaie d’acheter des billets pour la ville (on est à l’équivalent d’un terminus de RER… un peu loin donc) mais ils ne prennent pas la carte ! Bienvenue à Buenos Aires, et c’est pas fini. Je laisse les enfants avec les sacs et arpente le quartier mais de nouveau il y a la queue et ça ne fonctionne pas. Je n’arrive pas à savoir si le pb vient de leurs banques ou de ma carte ou même de mon compte. Inquiète je vais dans un restaurant demander la wifi pour me connecter à mon compte et vérifier qu’il n’a pas été piraté, que j’ai bien de l’argent, oui, sauvée, enfin de ce point de vue là.

Je retourne voir le guichetier, lui explique mon souci, il me dit qu’effectivement il y a des gros problèmes avec les banques ici. Les distributeurs ne sont pas rechargés régulièrement et le peso argentin a été fortement dévalué ces derniers temps donc les gens échangent leur monnaie contre des dollars de peur de tout perdre, ce qui fait encore perdre de la valeur à la monnaie, cercle vicieux…

Bref on monte dans le train jusqu’au terminus, sans payer et à la sortie je dois de nouveau raconter ma vie à l’agent qui vérifié le tourniquet. Ça passe. Ouf !

À ce stade on est à une quinzaine de stations de bus de l’hôtel. Et de nouveau bien évidemment il n’y a pas de distributeurs dans la gare, et bien sûr ils ne prennent la carte bleue nulle part. Je pars une troisième fois en quête d’argent. Je laisse les enfants dans la gare avec les sacs à proximité des commerçants. 

Je tente plusieurs ATM, mais non, nothing, rien, nada, wallou, j’en peux plus, je craque, je ne vois pas bien comment on va rejoindre l’hôtel. Je me déteste, me demande comment on va faire je ne vois aucune solution (à part mendier) je ne sais pas où on va dormir… bref un vrai scénario catastrophe. Quand j’arrive à la gare pour en discuter avec les enfants, je les trouve entourés de policiers et d’agents de sécurité de la gare, qui pensaient que peut être il m’était arrivé quelque chose. À la base, les kids n’étaient pas du tout angoissés, habitués à ce que les choses puissent prendre du temps (et, surtout je reviens toujours) mais là les questions des agents les ont un peu paniqués, les pauvres. Je leur raconte ma vie et nos problèmes d’argent, et pour finir ils m’achètent une carte de transport qu’ils créditent suffisamment pour arriver à l’hôtel et même plus. Waouh !!!!!!! Mille mercis, j’ai du mal à y croire. Tout s’arrange.

Nous prenons donc le bus qui nous dépose à 2km de l’hôtel, et nous marchons, soufflant, jusqu’à l’arrivée. 

L’auberge est sympa, heureusement, et on nous installe tous les trois dans une chambre prévue pour huit. On a donc de la place. Le soir en cherchant où manger, mon critère de choix sera « on peut payer par carte ? »

Le lendemain, je me fais un auto western union et je cherche une agence ouverte le dimanche. L’agence indiquée est censée se trouver prés du stade Boca junior, ça nous fait une balade sympa mais elle n’existe pas. j’en cherche d’autres, on parcourt la ville en bus et à pieds mais toutes les agences sont fermées. Je teste en même temps différents distributeurs et je finis pas avoir un peu d’argent, avec 8€ de frais ! Au secours ! À ce rythme là, je ne vais pas m’en sortir.

L’après midi on se console en allant se promener au marché. On y rencontre  Camille et Clotilde, les copines rencontrées au Pérou !!! On passe un moment avec elles et on mange des crêpes ensemble ( c’est ça les français quand ils se retrouvent ! ) 

Les jours suivants, on se promène dans la ville, les motifs de promenades étant avant tout dictés par ma recherche d’argent. Une autre galère m’attendant avec western union qui ne veulent pas me donner mon argent car je n’ai pas indiqué mon deuxième prénom sur le transfert !!!!!! Au secours, ça continue…

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La BOCA JUNIOR

À part ça, Buenos Aires est une ville très surprenante pour nous français car on se croirait à Paris ! C’est limite perturbant, chaque endroit ressemble à un quartier différent. Les mêmes rues, façades, … 

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Du coup on n’a pas fait énormément de choses, beaucoup marché, mangé les meilleurs empañadas de la terre à 1810, conseillé par mon frère et bu un excellent chocolat chaud au Café Tortoni une institution type Angelina à Paris, qui date de 1858.

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On est allé sur La Plaza de Mayo, un jeudi, jour où les Mères de la place de mai continuent d’effectuer des rondes depuis le 30 avril 1977. Elles tournent sur la place pendant une demi-heure, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, remontant ainsi symboliquement le temps et critiquant l’impunité des militaires responsables des massacres et des tortures, réclamant justice et vérité. En signe de protestation, les Mères portent des foulards blancs (à l’origine : les langes en tissu de leurs bébés) pour commémorer la disparition de leurs enfants. Elles ne sont plus très nombreuses, mères et grands-mères à réclamer justice mais elles se réunissent toujours. Ce moment sur la place fut pour nous très émouvant et marquant.

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C’est reparti !

Iguazu, quelles chutes !!!

Nous partons de Buenos Aires pour Iguazu, en bus, environ 17 heures de trajet, même pas peur ! (l’avion était à peine plus cher mais je n’ai jamais réussi à réserver les billets !!!) à croire que j’étais maudite dans cette ville.

Près de la triple frontière entre l’Argentine, le Brésil et le Paraguay, les célèbres Chutes d’Iguazu ou cataratas del Iguazú sont inscrites au Patrimoine Naturel de l’Humanité et je les avais naturellement inscrites au programme des must du voyage. Se rendre au cœur des chutes d’Iguazu, c’est contempler mais également écouter un spectacle d’une rare ampleur.

On commence par le parcours qui suit la partie basse, où on découvre crescendo différentes chutes. Le parcours se fait sur des passerelles en bois qui longent les cascades et les surplombent à de nombreux endroits le tout dans une végétation luxuriante, avec des papillons qui virevoltent autour de nous, des singes et des coatis (sorte de ratons laveurs) qui se promènent.

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Il faut savoir que l’ensemble des cascades déverse jusqu’à six millions de litres d’eau (soit six mille tonnes) par seconde !!!!!

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On va ensuite sur le parcours qui suit la partie haute, qui mène à la  « Garganta del Diablo » (Gorge du Diable), la plus extraordinaire ! Elle atteint 80m de hauteur ! C’est à cet endroit là que le panorama est le plus dingue, totalement impressionnant : les 275 chutes, sur un front de presque 3 km, offrent un cadre spectaculaire et vertigineux. J’aurais pu rester des heures, face à ce spectacle grandiose. C’est assourdissant, impressionnant, hypnotisant. Au bout d’un moment il faut quand même songer à partir et rentrer à l’hôtel. Sur le chemin du retour, on verra même un toucan !

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Le jour suivant je prévoyais de passer la frontière et de visiter le coté brésilien des chutes avant de prendre un bus de nuit.

Le passage de frontière prend plus de temps que prévu et les enfants préfèrent aller au Parc aux oiseaux plutôt que de visiter le côté brésilien des chutes. Sans regret bien qu’un peu cher, c’est un très joli parc, où on observe des oiseaux multicolores dans des immenses volières. un peu de calme et de légèreté avant de repartir.

On n’a pas vraiment la sensation d’avoir changé de pays. Ça me fait toujours cet effet là en franchissant les frontières terrestres et d’autant plus  quand on reste dans la ville frontalière. Le Brésil commencera réellement le lendemain matin à Florianopolis.

 

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