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Australie, the place to be

À Sydney, chez les marrakchis

À l’arrivée à Sydney, entre le voyage et le décalage horaire, on est un peu déphasés mais hyper contents d’être sur un nouveau continent.

On a des amis qui nous attendent sur place, ça commence plutôt bien: des enfants pour jouer avec Elias et Andrea, une copine pour moi, tout ce qu’il nous fallait ! On était en phase d’implosion, un break s’imposait pour notre trio infernal.

On commence donc par passer quelques  jours chez Isabelle une amie de Marrakech qui vient de s’installer à Sydney, une aubaine pour nous ! On se promène, on va à la plage, je vais courir et on découvre la douceur de vivre à l’australienne;  ses prix aussi, beaucoup moins doux !!! Malgré tout, on se ressource, plage, bodyboard, jeux et films d’un coté; discussions interminables de l’autre ! ça fait un bien fou !!!

Avec ma marraine, installée aussi ici, on arpente le centre ville et on écarquille les yeux devant l’Opéra, le fameux, le majestueux, on en prend plein la vue, je le photographie de tous côtés, mais pour ce qui est d’aller assister à un spectacle, on repassera; prix exorbitants !

Pour la fête nationale, Australia Day, on assiste à une série de concerts gratuits et à un superbe feu d’artifice sur la plage. Les australiens ont tous un drapeau à la main ou dessiné sur le corps ou encore des vêtements aux couleurs de l’Australie, ou pire, tout ça à la fois ! Je n’ai jamais vu cette effervescence nationaliste en France (d’ailleurs quand elle apparait,  c’est plutôt inquiétant !) je ne sais donc trop qu’en penser. Quoiqu’il en soit l’ambiance est festive et bon enfant.

 

Sur la route, en mode hippies

Au bout de 10 jours, il est temps pour nous d’entamer notre road trip à bord d’un van de chez Wicked camper, tout décoré. À l’intérieur le confort est spartiate mais peu nous importe, c’est roots, tant mieux, et ce qu’on voulait absolument c’est un van coloré avec 3  places devant ! Le tour est joué, nous voilà partis à la conquête de la côte entre Sydney et Melbourne, pour commencer.

Dés le départ, après un arrêt ravitaillement chez Lidl, on est ravis, tout excités et surtout hyper fiers: tout le monde nous sourit et nous salue, le van fait sensation !

En avant la musique, Elias fait le DJ, et je m’habitue doucement à la conduite à gauche et aux commandes du volant (tout est inversé, clignotants, essuies-glaces, levier de vitesse… argh pas facile !) J’avoue avoir eu beaucoup de mal aux ronds points et m’être fait durant le voyage une ou deux frayeurs certains matins, roulant à droite, apercevant une voiture fonçant droit sur moi !

Le premier soir on se rend à Jervis Bay, en s’arrêtant à Haims beach, la plage qui se targue d’avoir le sable le plus blanc du monde (si,si !) et qui a la particularité de figurer dans le Guinness des records.

La plage est déserte, après ces heures de route, un sentiment de liberté intense nous envahit. Vive la vie, vive nous, ce road trip s’annonce prometteur…

On a passé la nuit dans le coin grâce à la précieuse application wiki camps qui localise les campings ou spots possibles gratuits. On a quand même bien dû tourner une heure avant de trouver un free camp dans la forêt, très sympa. Les enfants ont fait un feu et on a passé notre première nuit dans le van, enchantés.

Le lendemain, malgré le temps maussade et pluvieux, nous sommes partis randonner  dans le parc national.

Deux minutes après être partis, on aperçoit un serpent dans un arbre… Je me souviens alors de l’époque où je regardais des documentaires animaliers; tous les animaux les plus bizarres et/ou dangereux de la planète se trouvent en Australie ! Pas de panique mais la prudence est de mise tout de même… Au cours de cette mini randonnée (5km) on voit des wallabies ( on s’enfonce dans la forêt pour les approcher, en embuscade mais dés qu’ils nous voient, ils s’enfuient !) et on s’arrête de nombreuses fois pour admirer  les falaises:  les vagues s’écrasent contre les rochers, sur fond de mer bleue turquoise… c’est grandiose, ce paysage spectaculaire nous fait presque oublier la petite pluie fine qui nous transperce les os !

On reprend ensuite la route direction Batemans Bay et Narooma que l’on prendra le temps de découvrir le lendemain. La route est superbe. On se pose en fin de journée dans un super spot auprès du fleuve Clyde, le plus pur de tout le pays. Superbe Sunset, repas au coin du feu, nuit dans le van; Enjoy wild Life !

Au petit matin, dans ce lieu paisible, on s’installe une zone de travail (moment école pour les enfants), je fais une petite séance de yoga mais on est vite chassés par une araignée rouge, qui nous fait un peu peur…

On se rend alors à Narooma le midi. On y découvre l’Australia’s rock  (la carte de l’Australie taillée – naturellement ?- dans un rocher) et on passe des heures à observer et admirer les phoques.

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Certains font la sieste sur les rochers, si près de nous, à peine troublés par notre présence. D’autres nagent, jouent dans l’eau, on dirait qu’ils dansent,  un va et vient enchanteur, tel un ballet gracieux. Après cette charmante pause on passe de l’autre côté de la baie, pour se baigner et admirer un autre ballet, celui des surfeurs cette fois-ci  !

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Après cette délicieuse journée, on se dirige vers Eden, mais le soir venu, ne trouvant pas d’endroit agréable où dormir gratuitement, on se pose sur une aire, au bord de la route.

Dès le réveil, je prends le volant et on file à la recherche du meilleur spot où s’installer, que l’on trouve très facilement, face à la plage. On y prend un super petit déjeuner. Tous les passants  en promenade matinale viennent nous parler, ou simplement nous sourient et nous félicitent.  C’est encourageant. Une belle journée s’annonce. Cette plage immense et déserte m’appelle pour un footing pendant que les enfants travaillent en autonomie, c’est le paradis ! Normal on est à Eden, la bien nommée, j’adore cet endroit. Malgré tout après un sandwich avec vue, la route nous appelle, nous voilà repartis !

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On franchit la frontière vers le Victoria, autre état, on quitte la route principale, Princess Highway, et on se dirige vers Gipsy Point, où il y a parait-il une belle vue et des kangourous ! On roule, on roule, on roule et je constate que je n’ai presque plus d’essence. AÏE !

Heureusement, mon appli, m’en indique une à Genoa. On y est, je vois la pompe, je m’y dirige fièrement… et on se fait vertement accueillir par une femme sans âge que l’on semble déranger alors qu’elle bourre sa pipe ! Finalement, elle m’explique qu’elle n’a plus d’essence dans sa pompe (cela ne lui rapportait rien) mais qu’elle peut peut-être me dépanner quand même. Bref, s’ensuit une après-midi pas comme les autres avec la rencontre la plus ouf de tout notre voyage en Australie. Marion, cette femme atypique de plus de 70 ans, d’origine allemande, tatouée, qui porte une casquette de baseball, un bermuda, des baskets et jure comme un charretier, vit en Australie depuis ses 16 ans. Elle nous emmène dans sa voiture avec ses 2 chiens et 2 bidons vides  pour aller chercher de l’essence à la station la plus proche.

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station service, nouvelle génération !

Elle me raconte alors sa vie, en baissant à peine le son de l’auto-radio qui déverse une musique allemande d’un autre temps (la voix et la mélodie m’évoquent Tino Rossi ! OMG ! ) On arrive à la station service, Marion est connue comme le loup blanc, elle parle avec tout le monde, remplit les bidons et nous conduit au fameux Gipsy Point où nous avions l’intention d’aller. On y voit effectivement des kangourous de très près mais impossible de les toucher. Comme les chevaux de Mongolie, ça reste des animaux sauvages, on croit qu’on peut s’en approcher, ils font mine de nous ignorer mais dés qu’on dépasse une certaine limite inconnue fixés par eux, ils s’éloignent l’air de rien. Après cette halte nous retournons au Café Berlin (que je rebaptise Bagdad Café) où Marion offre des glaces aux enfants (réflexion d’Andrea: « Waouh maman, des magnums à 5 dollars, trop bien en plus tu voulais pas nous en acheter ! ») En plein élan de générosité et en manque de compagnie sûrement aussi, elle nous montre sa collection de pierres et de coquillages et en sélectionne une partie pour les enfants. Après avoir vidé les bidons d’essence dans le réservoir du van, on se quitte, amusés et émus et nous promettons à Marion de repasser la voir au retour.

Avant cela, elle me fait 10 000 recommandations (ne pas aller à Melbourne, trop dangereux, ne pas parler aux inconnus…) que j’écoute attentivement pour lui faire plaisir. Le soir  on assiste à un horrible spectacle: on voit un kangourou se faire shooter sur la route, on est choqués, un peu déboussolés,  On on voit énormément sur le bord de la route, tristesse, écœurement mais il parait qu’il y en a beaucoup trop. Moi même j’en ai évité un ou deux de justesse… Après cela, on s’installe dans un grand camping gratuit où les enfants trouvent avec bonheur un petit garçon avec qui jouer (un sac de couchage fait office de ballon; ça marche toujours avec les garçons !)

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sunset on the road

Sur les conseils de Marion, nous nous rendons à Phillip Island pour aller voir les pingouins, assister au moment où ils sortent de l’eau. Mais ça doit faire bien longtemps qu’elle n’y est pas allée car c’est devenu  une attraction touristique chère, la plage est privatisée, des gradins ont été installés… bref on n’y est pas allé et pour compenser la déception on a joué sur la plage, au soleil couchant avant de trouver un endroit où dormir.

Au free camp, nous faisons la connaissance d’une famille qui fait le tour de l’Australie. Un couple d’à peu près mon âge avec deux filles dont une autiste. Ils m’impressionnent par leur courage et leur engagement. Nous dînons avec eux, nous sympathisons et passons une excellente soirée. Le lendemain matin on a du mal à repartir chacun de notre côté. Rencontre éphémère mais qui restera néanmoins importante.

Nous nous dirigeons alors vers Paynesville où l’on gare le van pour prendre un petit ferry à pied (gratuit) qui nous mène à Raymond Island; l’île aux koalas !!! Après à peine 10 minutes de marche on aperçoit notre premier koala, endormi, perché dans un eucalyptus. Et on se régale pendant plus d’une heure à les débusquer dans les arbres. On arrive même à en approcher un de très près.

Le soir on dort sur une aire d’autoroute près de Melbourne (rien trouvé de mieux et je suis un peu fatiguée de conduire).

Au réveil après un petit déjeuner express, on file sur la Great Ocean Road !

La Great Ocean Road

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On s’arrête d’abord à Torkay, début de cette fameuse route, ville qui a vu naitre la marque Rip Curl, surtout connue pour ses mythiques plages de surf. On y fait donc une pause plage durant laquelle j’oublie d’éteindre les feux du van et en voulant repartir, impossible de démarrer évidemment, la batterie est à plat !  je cherche pendant 15 minutes où est caché le moteur (sous un siège; fallait y penser), je trouve la batterie, des pinces et je me jette littéralement sur la première personne qui se dirige vers sa voiture pour lui demander de l’aide. Par chance, elle accepte immédiatement, et nous pouvons reprendre la route rapidement.

2ème arrêt à Lorne, quelques kilomètres plus loin, on y profite de nouveau de la plage (tous feux éteints) avant de repartir vers Appolo Bay où nous passons la nuit. La route longe la côte escarpée, c’est superbe, quel bonheur de conduire dans ces conditions !

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Le lendemain malgré le temps pluvieux, on sillonne la route en faisant de nombreuses pauses à tous les arrêts incontournables: London Bridge, The Arch, Les douze apôtres, … c’est magnifique: côte sauvage, petites criques, plages interminables, falaises…

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Au retour, je roule beaucoup, l’idée des kilomètres à parcourir me fatigue d’avance, les enfants s’endorment sur la route et je finis par m’arrêter à Torquay devant une plage. Ce fut la pire idée que j’ai eue durant ce voyage, je le réalise quand à 6 heures du matin j’entends frapper à la porte du van. Il n’est pas autorisé de dormir sur le parking. Je me fais enchainer pendant plusieurs minutes par les gardes, je ne comprends pas un traitre mot à ce qu’ils racontent si ce n’est que je m’en tire avec l’amende classique de 130 dollars ! J’en pleure mais rien n’y fait, ni larmes ni sourires, les « gardians » sont sans pitié pour moi (on n’est plus au Maroc, voyons Margje !!!) `

On change vite d’endroit pour prendre le petit déjeuner et tenter d’oublier ce désagrément. On avait prévu un passage dans les magasins d’usine des marques de surf mais même à 50% cela reste trop cher pour notre petit budget et après la déconvenue du matin je ne suis pas très prompte à mettre la main au porte-monnaie.

Melbourne

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Je ne me laisse pas abattre pour autant car Melbourne nous attend. Oui, la ville n’attend que nous pour s’éveiller, s’embouteiller, colorer ses murs et ensoleiller ses rues.  On lui rend bien en y passant quelques heures, le temps d’un pique-nique et de faire le tour des meilleurs spots de street art. On en prend plein la vue !!! De quoi recharger nos batteries personnelles en énergie vitale et en bonne humeur. On repart alors dormir sur une aire d’autoroute (devant un McDo dans lequel on n’ira même pas manger, en mère cruelle et sadique que je suis !)

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Il nous reste encore 1000km jusqu’à Sydney et peu de temps avant de rendre le van. Je choisis alors de faire un arrêt sur une plage où nous ne sommes pas allés à l’aller et qui vaut pourtant le détour, 8 miles Beach ! On y arrive en fin de journée, pour assister à un sublime coucher de soleil qui nous laisse sans voix (enfin, surtout moi, les enfants  crient, courent, commentent, … as usual)

On profite de la plage le matin, les enfants travaillent – un peu, n’ayez crainte – on avale un sandwich et en voiture ! On avait promis à Marion de repasser la voir, alors on tient notre promesse. Elle est ravie, on se promène dans le coin et elle nous prépare de délicieux hamburgers dans la cuisine de son café qui n’accueille plus aucun client. Elle nous propose de passer la nuit chez elle mais on préfère dormir  dans le van juste devant le café, face à ses voisins, ennemis jurés – encore une sombre histoire qu’elle m’a racontée et que j’ai à peine comprise… Bref, la lumière est extraordinaire !

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Le lendemain, après une balade près de la rivière, il m’est difficile de motiver les enfants à partir.

J’y parviens au bout de quelques heures, en emportant des vivres et Elias gagne une canne à pêche. Il s’empresse de la tester à Narooma, où il pêche son 1er poisson (aussitôt remis à l’eau)

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Nouvelle nuit en free camp puis on retourne passer quelques heures à Eden, qu’on avait tant aimée la 1ère fois.

Avant de rentrer à Sydney, faire la surprise à nos amis, on s’arrête de nouveau à Haims Beach où le sable nous éblouit.

 

Bilan:

À mi parcours du voyage, ce road trip nous a permis de nous ressourcer et de nous  ressouder. Chanter à tue tête en conduisant, dormir les uns contre les autres, écouter le bruit du vent ou des vagues… Epris de liberté, on a adoré la vie en van, surkiffé même, rien de tel que ce sentiment inouï et divin d’être seuls au monde, entre nous, face à la nature…  Plus qu’un simple mode de transport, c’est un vrai mode de vie: vanlife ! Je n’ai qu’une hâte c’est de recommencer et les enfants rêvent de leurs futurs camions et de comment ils pourront les aménager…

Du coup, forcément, petit bémol, on n’a pas rencontré beaucoup d’australiens (encore moins d’aborigènes…)

 

3 commentaires sur “Australie, the place to be

  1. Comme d habitude…tu me fais rêver avec tes récits et les MAGNIFIQUES photos. Vous auriez dû faire l Australie en février? Du coup votre tour du monde va dépasser un an.. les enfants seront contents. Bises à vous 3.

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