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Pérou, sur les traces des cités d’or

Arrivés au Pérou, nous passons 2 jours à Lima mais nous ne nous aventurons pas dans la ville. On reste dans les environs de l’hôtel qui se situe au quartier Miraflores, on se repose, on travaille (école quand tu nous tiens ! ) et on ( ou plutôt « je » ) prépare la suite du voyage; l’itinéraire péruvien. Celui-ci commence en Amazonie.

Pucallpa ou comment je n’ai pas testé l’ayahuasca …

L’ayahuasca est à l’origine une plante médicinale utilisée depuis des milliers d’années par les indiens d’Amazonie. C’est une liane qui a des effets hallucinogènes. Elle se prend au cours de cérémonies purificatrices pouvant provoquer des transes divinatoires, sous la direction et la protection d’un chaman.

Grâce à des amis ayant participé à une telle cérémonie j’avais le contact d’un chaman en Amazonie péruvienne, dans la ville de Puccalpa.

Ce coin, qui n’est pas la partie la plus touristique de la région – on comprendra très vite pourquoi – peut servir de point de départ pour rejoindre Iquitos en bateau (à environ 7 jours de navigation).

Bien décidée à tester la plante, je contacte au préalable le chaman, ami d’ami, pour discuter de la faisabilité et des modalités de la chose et voir comment se rendre jusque chez lui une fois au Pérou. Il s’avère que c’est à une vingtaine d’heures de bus de Lima, long mais faisable. Je vends donc l’escapade aux enfants: on va en Amazonie, yeeeah !!!! Mais 20h de route  sinueuse plus tard, quand on descend du bus, personne ne nous attend. Comme on a du retard je ne m’inquiète pas outre mesure et j’emprunte un téléphone pour contacter ce fameux ami qui m’apprend qu’il n’est pas là et qu’il vient d’arriver … où ça ? … je vous le donne en mille … à Lima !!!!!!

Il me dit qu’il est désolé, qu’il aurait dû me prévenir mais qu’il a eu une urgence médicale … Bref ! Sur le moment je suis un peu abasourdie, et complètement perdue dans tous les sens du terme. Que faire ? Mon premier réflexe serait de reprendre immédiatement un bus dans l’autre sens mais passée la déception, je décide de rester. Maintenant qu’on est là, profitons-en pour prendre le temps de découvrir cette ville pendant 2-3 jours.

Un touk-touk man fort sympathique – et commerçant – nous prend en charge, il nous déniche un hôtel pas cher du tout puis qui nous conduit dans un petit resto local, de quoi nous ragaillardir un peu !

On se donne rdv le lendemain pour un tour de bateau sur le fleuve.

Épuisée je m’endors à 19h laissant les enfants vaquer dans la chambre… ( bien-sûr dans ces cas là, je reste à demi attentive et comme les girafes je ne dors que d’un oeil ! )

Nous partons le lendemain pour une promenade sur l’eau. Je négocie un peu par habitude; nous sommes seuls sur le bateau, tout ce qu’on aime. Le bateau est un genre de sampan, comme ceux d’Asie du sud est, ça nous rappelle le Laos et le Cambodge… les maisons sur pilotis aussi d’ailleurs. En revanche la visite n’a pas grand intérêt, on s’arrête dans un pseudo village où il y a un peu d’artisanat et surtout des enfants portant des paresseux et essayant de nous les coller dans les bras à tout prix, on voit un serpent dans une cage, des énormes poissons dans un bassin… Nous voulions voir des animaux !  Ben voilà, de quoi se plaint-on ?!?!

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Mis à part ces déceptions, les couleurs sont superbes, il fait beau, il fait chaud – chaleur étouffante même – et on découvre la gastronomie péruvienne. On mange dans les petits restos locaux des menus à 5 sols par personne comprenant soupe, plat et boisson !

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Ailleurs dans le pays, on trouvera des menus à 7 voire à 10 sols (ce qui fait 2euros 50 !) De quoi satisfaire mon petit budget. C’est bon et varié et il y a en général plusieurs plats au choix donc on testera avec bonheur différentes choses. La plupart des restos fonctionnent comme ça, que ce soit un boui-boui où la serveuse déambule entre les tables avec un enfant agrippé à la hanche ou un resto qui se veut plus classe, avec de nombreux serveurs en uniformes qui nous tirent la chaise quand on veut s’asseoir.

En revanche les boissons, on n’en raffole pas, c’est étrange, très sucré… et servi à volonté, il vaut mieux ne pas boire trop vite d’ailleurs au risque d’être resservi.

    ⇒ Petit lexique de gastronomie péruvienne en fin d’article.

Paracas

Après 3 jours à Pucallpa, nous reprenons un bus jusqu’à Lima d’où nous repartons immédiatement en direction de Paracas ( seulement 3-4h de bus de plus, même pas peur 😉 )

On y arrive en fin d’après midi, on s’installe à l’auberge, et on sort faire un tour le long de la plage. C’est une ville touristique, avec de nombreuses boutiques et des restos. Ce soir là, je me laisse alpaguer par un serveur (fort beau jeune homme, c’est ce qui a dû me convaincre) et nous nous installons pour un petit apéro face à la mer où je bois mon premier Pisco Sour, un régal. C’est un cocktail onctueux réalisé à base de pisco, une eau de vie produite au Chili et au Pérou, de jus de citron vert, de blanc d’oeuf et d’Angostura, une sorte de liqueur à base de rhum. C’est vraiment très très bon.

Le lendemain nous embarquons pour une excursion en bateau, à la découverte des îles Ballestas, archipel d’îles préservées où vivent de nombreuses espèces d’oiseaux ainsi que des otaries. On même aperçu des pingouins marcher en se dandinant en haut d’un rocher !

Lors de ce tour en bateau, on passe devant El Candelabro de Paracas, le chandelier de Paracas, d’environ 180 m de long sur 70 m de large et profond de 50 cm.

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Ce géoglyphe (oui, c’est comme ça que ça s’appelle !) est un vrai mystère, beaucoup d’hypothèses existent mais on ne connait ni l’époque ni les auteurs ni les motifs de sa création. Très impressionnant !

Huacachina

De Paracas, on prend un minibus, on roule pendant environ 1h vers la ville d’Ica quand soudain on se trouve au coeur d’une oasis, au milieu des dunes. C’est vraiment étrange là comme ça, non loin de la ville ! On est tout de suite conquis même s’il faut faire abstraction du coté ultra touristique du lieu. Il y a des hôtels, des agences, des restos, des buggys et c‘est tout ! Je crois qu’aucun péruvien ne vit là, c’est une ville créée de toute pièce.  J’avais promis aux enfants une surprise en arrivant là, ils comprennent bien vite !

Voyageurs mais néanmoins touristes, nous participons aussi à l’activité locale: le tour de buggy dans les dunes. À vrai dire c’est uniquement pour ça que j’ai décidé d’aller dans cette ville. Sans regret car ce fut un pur moment de plaisir et d’adrénaline (pour moi aussi, je l’avoue) on a également fait du sandboard et on s’est amusés comme des petits fous dans les dunes. En plus, le sable du désert nous a rappelé le Sahara marocain. Instant nostalgie

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Arequipa

L’étape suivante se trouve plus au sud, à Arequipa, la cité blanche, perchée à 2300 m d’altitude et entourée de volcans. Très jolie ville, elle doit son surnom au sillar, la pierre volcanique unique et typique de cette région avec laquelle elle fut construite. Ses rues pavées, son centre historique colonial avec son immense Place d’Armes lui donnent un cachet particulier. C’est une ville charmante où l’on se sent bien et où il fait bon se promener. D’ailleurs une des interprétations de son nom viendrait du quechua et se traduirait par « ici, restez vous« , je comprends aisément pourquoi. Je m’y suis beaucoup promenée, seule aussi, errant dans les rues, visitant la cathédrale, découvrant des petites cours et un ancien monastère …

Le restaurant où l’on va le premier midi nous plait tellement qu’on en fait notre cantine et y retourne  presque tous les jours sauf le dernier où on teste une adresse recommandée dans tous les guides et blogs: Ratatouille. Très bon choix, je confirme, on s’est régalé !

La ville d’Arequipa outre son intérêt propre est également connue comme point de départ pour découvrir le Colca canyon. Après renseignements, nous nous décidons pour deux jours de randonnée.

Trek dans le Canyon del Colca

Le canyon del Colca, profond de 3 400 m a longtemps été considéré comme  le plus profond du monde mais il vient d’être détrôné par un canyon voisin (pour à peine 130m de différence). Son point culminant est à 4 350 m d’altitude et on trouve la rivière de Colca dans la vallée.

Le premier jour, on se lève à 4h, un mini bus nous récupère à l’auberge pour 3h de route. La tête d’Andrea sur mes genoux, la mienne collée à la vitre, à demi endormie, je profite du magnifique paysage qui défile.

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Nous prenons le petit déjeuner à Chivay, à 3650 m d’altitude. Un peu plus loin, il y a un mirador naturel, la Cruz del Condor d’où l’on a une vue imprenable sur le canyon et où l’on a surtout eu la chance de voir des condors, le deuxième oiseau plus grand du monde (derrière l’albatros), Dieu de L’Air, vénéré par les Incas. On reste une heure à observer les condors des Andes, ils planent, se laissent porter par les courants. Majestueux !

Après la ville de Chivay, on reprend la route jusqu’au village de Cabanaconde, point de départ de notre trek dans le Canyon. Il est environ 10h, l’aventure peut commencer. Nous partons d’une altitude de 3280 m et descendons pendant 3h jusqu’à un pont suspendu.

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Pendant cette première partie, nous surplombons des paysages incroyables, des montagnes, des falaises, des immenses cactus, nous enfonçant dans le canyon où au milieu coule, non pas une rivière, mais un fleuve déchainé, dont le débit et le bruit impressionnent grandement.

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Nous déjeunons au village de San Juan de Chuccho avec 1000m de dénivelé négatif dans les jambes. Après le repas je dois rebooster ma petite troupe qui n’a pas très envie de se remettre en marche. Malgré tout, on suit notre groupe, la guide nous montre les plantes médicinales ou les fruits qui poussent le long du chemin et Andrea se fait des peintures de guerrier indien avec de la cochenille.

On est à présent sur la rive opposée, on traverse quelques villages queshuas: les villages de Tapay et Malata… J’explique au passage aux enfants qu’avant d’être une marque Décathlon, le quechua est à l’origine une langue, celle de la civilisation inca. La plupart de ces villages ne sont pas reliés à la route mais accessibles uniquement à pied ou à dos de mule – encore un petit clin d’oeil que nous fait le Maroc et certains de ses villages berbères.

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Après plus de 2h de marche, nous arrivons au fond du canyon au village de Sangalle, surnommé l’Oasis, où se trouve notre hôtel avec comme récompense après cette journée, une  piscine naturelle dans laquelle nous nous relaxons. Puis nous dînons copieusement en sympathisant avec les membres du groupe et allons vite nous coucher. Nous nous endormons très rapidement, serrés tous les trois les uns contre les autres, transis de froid.

La nuit est de courte durée puisque le réveil sonne à 4h. Je prends alors ma frontale et mon courage à deux mains pour démarrer. Nous sommes à 2160 m d’altitude et devons réaliser une ascension qui nous conduira au village à 3280 m, où sera servi le petit déjeuner. Quel appât !

Lampe torche sur le front, on se réveille doucement, bercés par le bruit de nos pas, personne n’ose d’abord rompre le silence, gage de réussite et de bonne entente car sitôt fait, les lamentations commencent et ponctuent la marche.

Il faut dire que c’est extrêmement difficile pour les enfants, je passe mon temps à les encourager, les motiver… Soudain, moment de grâce, les larmes et les râles cédent la place à l’émotion quand on assiste, éblouis, au lever du soleil sur la montagne qui nous dévoile lentement ses charmes et ses couleurs.

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On en oublie un peu la difficulté de la montée et petit à petit, à mesure que le soleil nous réchauffe on enlève des épaisseurs, ce qui est très appréciable (mis à part pour moi car mon sac à dos se remplit).

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J’avais réussi à regonfler les troupes quand on voit passer fièrement devant nous des gens à cheval… inutile de vous dire qu’on les a immédiatement détestés: ils se sont levés plus tard et ils ne se fatiguent même pas. « Oui, mais du coup, ils n’apprécient pas de la même façon… » Que nenni ! Mes arguments n’ont aucun poids… Elias ronchonne et Andréa pleurniche… et moi et moi et moi, j’aimerais aller un peu plus vite; tout le monde nous passe devant (ce qui m’énerve !) en plus de ça, on fait beaucoup trop de pauses, qui me fatiguent davantage. C’est alors qu’un deuxième groupe de cavaliers passe devant nous, Andrea me regarde d’un air suppliant… je cède et demande au guide s’il n’y a pas une place pour lui… YES ! Nous voilà sauvés. Quelques recommandations (où nous attendre à l’arrivée) et le voilà altier sur son destrier.

Il ne me reste plus qu’Elias à encourager, je lui prends même son sac pour l’alléger. Il est à bout, épuisé et fâché. J’essaie de lui expliquer que c’est dans la tête que tout se joue maintenant, qu’il doit trouver la force et la volonté au fond de lui pour aller jusqu’en haut (et de toutes façons, il n’a pas vraiment le choix !!!!)

« Je ne comprends vraiment pas les gens qui aiment ça… » blablabla, il évacue… !

Et, petit à petit on se dit que le sommet n’est plus si loin, on le voit, on entend les gens là haut, on dépasse d’autres groupes (heureusement car il est hors de question pour moi d’arriver en dernier, même avec l’excuse des enfants).

Et voilà, nous y sommes presque ! Andrea nous voit, il nous appelle, ça décuple nos forces avant le sommet. Deux argentins super sympas qui sont avec notre groupe l’ont pris en charge. J’achète de l’eau et 3 bananes pour faire les 40 minutes de marche qui nous séparent du petit déjeuner. C’est du plat à présent, à travers champs, tout va bien, Elias les fait même en gambadant et Andrea a retrouvé sa bonne humeur. On arrive dans un petit village de montagne qui se réveille doucement où on dévore littéralement le desayuno quand Elias s’exclame: « c’était génial ! Ok je comprends maintenant !!! » Ça y est le voilà baptisé, initié au goût du trek, c’est dur, on se déteste par moments d’avoir décidé de souffrir, de s’infliger ça… et finalement on adore et on en redemande ! La beauté des paysages y contribue amplement.

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En bus, sur le chemin du retour, nous nous arrêtons pour admirer les terrasses incas et pré-incas des alentours ainsi qu’au Mirador des Andes, à 4930 mètres d’où l’on peut voir les volcans qui entourent Arequipa. On effectue ensuite un dernier arrêt pour observer des vigognes, des alpagas et des lamas.

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Nous sommes de retour à Arequipa aux environs de 17h00 et, quitte à être fatigués nous prenons le soir même un bus de nuit pour Cuzco.

Cuzco

En quechua, Cuzco signifie « nombril du monde ». Cette ville fut en effet la capitale de l’Empire Inca et reste actuellement au coeur du tourisme péruvien. Il parait qu’à l’époque de l’empire du soleil, la ville avait une forme de puma pour symboliser le monde des vivants. de même que le condor symbolisait le monde spirituel et le serpent celui des morts.

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On y arrive au petit matin, il pleut, on s’installe à l’auberge et on se repose un peu. La seule sortie de la journée consistera à aller manger et comparer les tarifs de quelques agences pour la visite de la vallée sacrée. Les déplacements sont limités car Elias a du mal à marcher tellement il a mal aux jambes ! On a la chance de ne pas souffrir du sorroche, le mal des montagnes car on est alors à 3400 m et au cas où, on boit du maté de coca, infusion à base de feuilles de coca; ça aide aussi. 

La vallée sacrée des Incas

On consacre une journée complète à la visite de différents sites de la Vallée Sacrée.

La Vallée sacrée des Incas regroupe de nombreux sites archéologiques et villages. Elle fut probablement choisie par les Incas pour des raisons géographiques et climatiques. C’était un des principaux points pour l’extraction de richesses naturelles, et on y retrouvait la plus grande production de maïs du Pérou.

Chinchero

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On commence par la visite de ce charmant village andin considéré par les Incas comme le lieu de naissance de l’arc en ciel. On visite l’église coloniale construite par les espagnols sur les ruines d’un palais Inca. Quand on en sort, sur la place les artisans installent sur le marché. Ici de manière encore plus prégnante qu’ailleurs, les habitants portent fièrement les tenues traditionnelles. On s’éloigne du groupe pour se promener et on déguste de délicieux empañadas.

Moray

On continue sur le site de Moray, constitué de terrasses en cercles ressemblant à des amphithéâtres.  D’après des recherches archéologiques, il semble que ce lieu était un centre de recherches agricoles. Chaque terrasse reproduisant un microclimat précis, le tout bénéficiant d’un système d’irrigation ingénieux. 

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La température étant différente entre les cultures extérieures et le centre, cela aurait permis aux incas de tester le rendement de différentes cultures. On suppose même qu’ils avaient réussi à y acclimater des plantes exotiques.

Salines

Nous visitons également Las salinas de Maras. Grandiose ! À flanc de montagne, coule une rivière d’eau salée qui alimente des milliers de puits s’étageant en terrasse dans un merveilleux dégradé aux tons ocres offrant un spectacle saisissant de beauté. Ce site extraordinaire daterait de l’époque pré-inca.

Après les salines, nous déjeunons d’un excellent buffet andin avant de poursuivre la visite de la vallée sacrée.

Ollantaytambo

Ollantaytambo est une des dernières forteresses incas à avoir résisté à l’invasion espagnole après la chute de Cusco. L’édifice est colossal et très bien conservé. C’est l’un des seuls vestiges de l’architecture urbaine inca avec ses bâtiments, ses rues et ses patios. Dans la partie haute (… marches) se trouvent les ruines du Temple du Soleil construit avec les mêmes grands blocs de pierre parfaitement emboîtés que l’on peut voir à Cusco et au Machu Picchu.  Les blocs sont assemblés entre eux avec une grande précision par des blocs plus minces., afin de garantir la stabilité de l’ensemble. Sur ce site, d’étranges  roches figurant des visages interrogent encore sur les mystères de la civilisation Inca.

Pisac

La journée se termine par un dernier site archéologique avec des constructions militaires, religieuses et agricoles.

Macchu Picchu

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Nous partons de Cuzco à 6h du matin avec Andrea, Camille et Clothilde, des filles de l’auberge avec qui nous avons sympathisé, pour quelques longues heures de mini bus jusqu’à Santa Teresa où on s’arrête pour le déjeuner puis jusqu’à Hydro Electrica, impossible d’aller plus loin de toutes façons. La route est longue et éprouvante, étroite, sinueuse, à flanc de falaise, j’hésite parfois entre admirer le paysage et détourner le regard, gagnée par l’angoisse tellement le précipice est impressionnant. 

À l’arrivée, nous ne sommes pas les seuls mais avec les 11km qui nous séparent d’Agua Calientes il y a de quoi se répartir et heureusement, le long de la route l’affluence touristique ne se ressent pas. Le chemin longe les rails, c’est joli et très plaisant. Il y a en effet un train qui mène à Agua Calientes, le train le plus cher du monde puisque pour ces quelques km il coûte de nos jours pas moins de 60 € !!!

On marche pendant presque 3h, on observe les papillons ( bizarrement il y en a plein, regroupés, d’un joli rouge pour la plupart), on joue sur les rails en se rappelle du film Stand by me, on chante, on lance des pierres dans la rivière, on rencontre des gens, on discute… bref les kilomètres défilent sans se faire sentir, la route est plate, le trajet est très agréable que ce soit sous un soleil de plomb ou sous une petite pluie fine (on arrivera trempés!) Et quand enfin au loin on reconnait la montagne du Macchu Picchu, l’excitation et l’émotion montent, mais il faut en garder pour le lendemain. 

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La ville d’Agua Calientes est extrêmement touristique et assez chère, ce qui va souvent de pair. On mange des brochettes dans la rue, on fait des petites courses pour le lendemain et on se couche tôt. J’avais prévu la montée des 1000 marches à pied mais quand le réveil sonne à 4h, il pleut averse (il a plu toute la nuit) et je me dis que je vais avoir du mal à convaincre les enfants de se lever et que le chemin risque d’être glissant et dangereux… Du coup, je nous accorde du sommeil en plus et nous prenons le bus pour monter jusqu’à l’entrée du site. 

Forcément à l’ouverture, il y a du monde, il faut vite s’éloigner pour faire abstraction de tous les autres touristes. 

Il pleut, il y a beaucoup de brume,  on se promène, on s’imprègne du lieu, on se perd dans les ruines, ou de temps en temps on se colle à un groupe pour écouter le guide.  Nous sommes partagés entre deux émotions, admiration et déception « Waouh, ça y est nous y sommes » et « Dommage, on ne voit rien ! »

 

Et finalement, la pluie cesse, la brume se dissipe peu à peu quand mystèrieux et majestueux, dans toute sa splendeur, le Macchu Picchu se découvre à nous, pauvres hères, simples poussières dans l’Univers, réduits à l’état de béatitude, émerveillés et intrigués. 

Cité perdue, sanctuaire religieux, le Machu Picchu est LA destination touristique la plus prisée d’Amérique du Sud. Le site est même l’une des Sept nouvelles merveilles du monde.

Plutôt que de disserter sur ses origines, ses mystères ou sa découverte, voici pour accompagner mes photos, des vers écrits par Pablo Neruda, poète chilien, fortement marqué par la visite qu’il fit de ce lieu mythique.

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« Machu Picchu est un voyage à la sérénité de l’âme, à la fusion éternelle avec le cosmos, là-bas nous sentons notre propre fragilité. C’est une des plus grandes merveilles d’Amérique du Sud. Un havre de papillons à l’épicentre du grand cercle de la vie. Un miracle de plus. « 

Alors, j’ai monté sur l’échelle de la terre,

Parmi l’atroce enchevêtrement des forêts perdues,

Jusqu’à toi, Macchu-Picchu.

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Haute cité de pierres escalières,

La demeure, enfin, de ce que la terre

Ne dissimula pas sous des vêtements endormis.

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En toi, comme deux lignées parallèles,

Le berceau de l’éclair et celui de l’homme

Se balançaient dans un vent d’épines.

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Mère de pierre, écume des condors.

Haut récif de l’aurore humaine.

Pelle abandonnée dans le premier sable.

Ceci fut la demeure, ceci est le lieu :

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Là, les larges grains de maïs montèrent

Et descendirent à nouveau comme une grêle rouge.

Là, le fil doré fut tiré de la vigogne

Pour vêtir les amours, les tombes, les mères,

Le roi, les prières, les guerriers.

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Là, les pieds de l’homme reposèrent la nuit,

Auprès des serres de l’aigle, dans les hauts repaires

Des carnassiers et, à l’aurore,

Foulèrent à côté des pieds du tonnerre le brouillard raréfié,

Et touchèrent terre et pierres assez

Pour les reconnaître dans la nuit ou la mort.

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Je regarde les vêtements et les mains,

La trace de l’eau dans le creux sonore,

La paroi adoucie par le contact d’un visage

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Qui regarda avec mes yeux, les lampes de la terre,

Qui huila avec mes mains, les bois

Disparus, parce que tout, les habits, la peau, la vaisselle,

Les mots, le vin, le pain,

Tomba, s’en fut à la terre

Et l’air passa avec ses doigts

De jasmin sur tous les dormants :

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Mille années d’air, des mois, des semaines d’air,

De vent bleu, de cordillère de fer,

Qui furent comme de doux ouragans de pas

Lustrant le solitaire enclos de la pierre.

Les hauteurs du Machu Picchu. Chant VI (traduction de Roger Caillois)

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Après avoir profité du lieu sous le soleil et fait une petit séance photo, nous redescendons tout guillerets, par les escaliers, à travers la forêt. Nous récupérons nos sacs à l’hôtel et enchainons avec la route le long des rails. C’est un peu long mais on a l’esprit qui se laisse aller à la rêverie et on croise différentes personnes rencontrées au Pérou auparavant. 

Avec la chance qui nous caractérise, nous attendons notre mini bus pendant très longtemps et nous serons d’ailleurs les derniers à quitter Hydro électrica pour arriver à Cuzco tard le soir, épuisés, sous la pluie. Heureusement moyennant un petit supplément le chauffeur du bus accepte de nous déposer devant l’auberge !

On s’accorde ensuite une journée de repos puis je m’organise  avec l’auberge pour aller à la montagne aux sept couleurs, trek que je prévois de faire seule. Je me lève à 4h et j’attends en somnolant que l’on vienne me chercher mais personne n’est jamais venu ! Du coup je ne ferai pas ce trek, tant pis et nous partons le soir même en bus de nuit (encore !) jusqu’à Puno. 

Puno et le lac Titicaca

En se promenant dans les rues de Puno, on tombe sur un superbe défilé, en danses et en musique que l’on suit dans les rues pavées de la ville. 

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On part ensuite pour 2 jours sur le lac Titicaca.

Le Lac Titicaca, entre le Pérou et la Bolivie était un lieu sacré pour les Incas.  À presque  4000 m d’altitude c’est le plus haut lac navigable au monde, avec ses nombreuses îles et ses montagnes autour, il en émane une atmosphère étrange, chimérique…

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La première journée commence par le tour des îles flottantes Uros, même si avec ce que j’avais lu sur ces îles je souhaitais éviter d’y aller, cela fait partie du tour, impossible d’y échapper.  Tout y est fait en roseau. Elles ont été créées par les Uros au 13ème siècle pour échapper aux Incas. Elles ne sont vraisemblablement plus habitées aujourd’hui sauf à des fins touristiques.

Il y a des françaises avec nous dans le groupe qui semblent sceptiques elles aussi et posent une question en ce sens au guide mais il le prend très mal, se vexe et nous prend en grippe.  Plus tard, on s’arrête sur l’ile d’Amantani où nous sommes répartis dans des familles afin de loger chez l’habitant. Un repas savoureux mais frugal nous est servi et nous partons plus tard pour une longue promenade sur l’ile, jusqu’au plus haut point  vers le sanctuaire Pacha Mama. L’ile étant déjà  en altitude on a vite la respiration haletante. Une fois en haut, on aperçoit la Bolivie juste en face. Le paysage est superbe, le soleil se couche, quel magnifique panorama  avec vue sur le deux côtés de l’île, à couper le souffle, au sens propre comme  au figuré !

Le soir nous dinons avec la famille et allons dormir (une petite soirée était organisée durant laquelle on était censés être « déguisés »  en tenue locale mais fatigués et n’ayant pas très envie de « jouer le jeu », nous ne participons pas !)

Le lendemain, après un copieux petit déjeuner nous reprenons le bateau pour aller visiter l’île de Taquile. Beaucoup de charme sur cette ile. On y passe la matinée, une grande promenade puis un déjeuner de truite grillée face à la mer avant de repartir sous un arc en ciel complet qui nous accompagne une partie de la traversée. Très belle journée. 

Un autre bus nous conduira à Tacna, juste avant la frontière du Chili.  

Nous y passerons 2 jours, entre repos, école, lessive et petit tour dans les environs de l’hôtel  en attendant le rdv avec nos futurs amis. Mais ceci est une autre histoire…

      Petit tour de gastronomie péruvienne 

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Pisco Sour !!!!

Inca Kola : C’est LA boisson gazeuse nationale, servie d’office dans les bus.  C’est  jaune fluo, extrêmement sucré, ça ressemble un peu au Red Bull. Autant dire que je n’ai pas aimé.

Chicha morada : une boisson très populaire au Pérou, fabriquée à base de maïs violet. Etrange mais pas mauvais.

Ceviche :  poisson cru mariné au jus de citron, mon plat préféré !

Papa rellena : pomme de terre fourrée à la viande, aux petits pois…

Pollo a la brasa ou « poulet à la braise » : poulet mariné puis cuit à la braise et servi avec différentes sauces et des frites. Très bon.

Ají de gallina : émincé de poulet en sauce au piment doux, servi avec des pommes de terre et du riz. Pas mal du tout.

Arroz con pollo : riz à la coriandre et au poulet avec des légumes. Classique.

Chicharron : viande ou poisson frit.

Et plein d’autres plats dont je n’ai pas noté les noms…

 

 

 

 

3 commentaires sur “Pérou, sur les traces des cités d’or

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte. blog très intéressant. Je reviendrai. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir

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